Je vous avais déjà parlé de la montée à la cabane de Bertol en hiver en ski de rando, il est temps que je vous parle de la randonnée estivale qui monte à la même cabane depuis Arolla et qui est à mon humble avis plus difficile que sa version hivernale.
La cabane Bertol (3311m) est une cabane emblématique du Valais (de Suisse en général) par sa présence sur les course mythiques comme la haute route entre Chamonix – Zermatt et la Patrouille des glaciers. Elle est littéralement perchée sur un éperon rocheux (le rocher de Bertol) entre la Pointe de Bertol et les Dents de Bertol… à se demander comment des gens ont eut l’idée de construire une cabane à cet endroit en 1898 déjà! (je vous met ici une petit photo de à quoi ressemblait la cabane à ce moment là 😉 )


Mais pour ceux qui auront le courage d’y monter, vous serez récompensés par des points de vue absolument spectaculaires sur la Dent-Blanche (4357m), le Cervin (4478m), les glaciers du Mont-Miné et de Ferpècle. C’est sans aucun doute ma terrasse avec vue favorite pour un café, en hiver comme en été. Les gardiens Florence et Stéphane y sont forts sympathiques et proposent un super café à la presse avec de bons gâteaux fait maison. Le top!


Itinéraire pour la Cabane de Bertol en été
- Distance: environ 8kms (aller uniquement)
- Dénivelé: 1300m de d+
- Difficulté: T4 d’après le site du CAS, T5 sur camp2camp
- Durée: 3-6h en fonction de votre niveau d’endurance et de technique
- Infos pratiques: Pour toutes infos supplémentaires sur la cabane et pour réserver, c’est sur le site de la cabane de Bertol que ça se passe. Et si vous n’êtes pas certain de comment vous comporter en cabane, je vous recommande de lire cet article.
Carte de la randonnée + GPX
De Arolla à Plan-Bertol
Le départ de la randonnée se situe au niveau du parking des remontées mécaniques d’Arolla (arrêt de bus: Arolla Magine) et commence en douceur sur la piste en direction de l’usine électrique d’Arolla. La piste continue en direction de l’impressionnant Mont Collon (3637m) au bord de la Borgne d’Arolla pour traverser la rivière et s’arrêter sur un replat au-dessus d’une prise d’eau.
Depuis les intempéries exceptionnelles de Juin 2024, l’itinéraire habituel pour monter à la cabane a été modifié. Le chemin montait en effet sous les douves rousses pour traverser le torrent qui descend de Bertol et rejoindre le plateau de notre dame des hauts d’Arolla. Hors, lors des crues, le torrent à tout emporté et creusé une tranchée qui n’est plus franchissable. Il faut donc rester au fond du vallon d’Arolla en suivant les signes bleus (le chemin est désormais facile à voir avec le passage) pour remonter jusqu’au plateau par l’autre côté.




Après une petite pause bien méritée, on se remet en route et on attaque une section qui grimpe plus sec en direction de Plan-Bertol. On prend à gauche à la bifurcation (le sentier de droite mène vers le haut glacier d’Arolla et le col Collon… on parle de cette section plus en détail dans cet article) comme indiqué en direction de la cabane.
Après quelques lacets, on arrive sur un replat qui est le lieu dit Plan-Bertol.




De Plan-Bertol à la cabane Bertol par les échelles
C’est à partir de ce moment là que les choses sérieuses commencent! Le sentier disparait petit à petit pour laisser place aux rochers et aux névés qui fondent au soleil. Pour faciliter la marche, l’itinéraire a été balisé par les gardiens de la cabane à l’aide de petit drapeaux rouges qui facilitent bien la progression (et qui changent d’endroit d’année en année).
Néanmoins, avec l’altitude qui se fait sentir et la nature du terrain, on avance quand même beaucoup moins vite qu’avant. Il y a quand même pas mal de cailloux qui bougent et ça demande plus de concentration (pour moi dans cette partie la cotation T4 est justifiée).
Mais quel environnement quand même, on a à notre gauche la belle arête des Douves Blanches, à notre droite celle du Plan et au fond du vallon, la cabane Bertol qui trône fièrement sur son rocher.





Après toute cette partie à “manger du caillou”, on arrive à l’endroit que redoutent pas mal de randonneurs qui montent à la cabane Bertol: les fameuses échelles de Bertol. La 1ère série d’échelles permet de passer la barre rocheuse qui se situe juste sous la cabane (et qu’on contourne par la gauche en hiver quand la neige recouvre les cailloux).
Je ne vais pas vous mentir, si vous êtes sujet au vertige, cette partie peut être impressionnante. Dans ce cas là, on vous recommande de prendre un baudrier et du matériel de via ferrata pour vous (r)assurer 🙂 (mais ce n’est pas nécessaire en principe).



S’en suit une courte section moins aérienne pour arriver au pied de la cabane où 2 longues échelles vous attendent encore pour vous amener à bon port 🙂 . Bon si vous avez bien passé la 1ère série d’échelles, il n y a pas de raison que la 2ème pose problème 😉 . Encore une fois, la vue est spectaculaire… et pourtant vous n’avez encore rien vu par rapport à ce qui vous attend de l’autre côté.




Une nuit à la cabane Bertol
Bon la 1ère chose qui devrait vous marquer en arrivant, c’est le panorama incroyable qui se présente à vous. La cabane de Bertol est littéralement un balcon sur les glaciers du Mont-Miné et de Ferpècle qui recouvre tout le haut plateau jusqu’à l’imposante Dent-Blanche. Un peu plus loin, on voit le Cervin et la Dent d’Hérens qui pointent au dessus des glaciers… entre les deux se trouve la tête blanche qui marque le point le plus haut de la patrouille des glaciers.
Vous serez accueilli par Florence et Stéphane qui gardent la cabane depuis 2021. Ils vous expliqueront l’organisation de la cabane, vous indiqueront votre chambre, votre table pour le souper (servi à 18:30) et vous demanderont aussi à quelle heure vous voulez prendre le petit déjeuner le lendemain matin (au plus tard à 7h du matin en général 😉 abe).
Pour dormir à Bertol vous aurez besoin:
- d’avoir réservé votre nuit en avance (pour le paiement ils préfèrent la carte de crédit)
- d’avoir un sac à viande (un drap de sac de couchage en soie)
- une lampe frontale (pour aller dehors jusqu’aux toilettes au milieu de la nuit)
Et quelques règles de bon sens qui s’appliquent en général dans toutes les cabanes:
- on se déchausse à l’entrée pour mettre les crocs/pantoufles qui sont en général à disposition
- on laisse le dortoir exactement comme on l’a trouvé
- on range ses affaires sans trop s’étaller
- on prépare ses affaires le soir si on doit partir tôt pour ne pas réveiller tout le dortoir
- on ramène ses déchets soi-même
- on ramène les assiettes et services en cuisine après le repas
- on se fait discret après 21-22h (il y a des alpinistes qui se lèvent très tôt)
De notre côté, comme on est arrivé assez tôt l’après-midi, certain d’entre-nous ont fait des exercices de sauvetage en crevasse sur le glacier (pour s’entraîner pour la course à l’aiguille de la Tsa le lendemain, que je vous raconterai dans un prochain article), d’autres des jeux à la cabane ou encore simplement admirer le panorama.
Après un bon souper à l’intérieur, on est tous ressorti pour admirer les magnifiques couleurs du soir sur les sommets. Par chance, c’était aussi un soir de pleine lune et on a eu un magnifique lever de lune entre le Cervin et la Dent d’Hérens. Magique! On a ensuite pas trop traîné vu qu’une partie de notre groupe devait se lever tôt pour continuer à l’aiguille de la Tsa (et pour les autres, ils devaient aussi tous redescendre jusqu’à Arolla, ce qui n’est déjà pas une mince affaire 😉 )






Voilà, vous savez tout sur la montée à la cabane de Bertol en été. J’espère que les infos et les photos que vous aurez trouvé dans cet article vous aideront à vous faire une meilleure idée de la difficulté de cette rando. La cotation T4-T5 ne me paraît pas volée tant le terrain est d’abord bien rocailleux puis très aérien avec les échelles. Mais le jeux en vaut clairement la chandelle tant les paysages sont beaux là-haut!
Alors, vous montez quand à Bertol?
Epingler sur Pinterest







Pimente la discussion