On poursuit notre série d’articles sur les randonnées à faire dans le sud de la Norvège. Aujourd’hui, on vous propose un tout petit itinéraire qui est somme tout relativement connu : Rakssetra. Nous allons être honnête, nous avions hésité à y aller… le spot est connu comme étant un endroit très “instagrammable” et facilement accessible. Ces 2 éléments mis en combinaisons sont en général le signe que l’endroit sera très fréquenté. Au final, une météo dégagée au moment de passer à côté de Loen nous aura fait faire le crochet et très honnêtement on ne regrette pas du tout! Allez, on vous emmène.

Où se trouve Rakssetra en Norvège ?
Rakssetra ce n’est pas le nom d’un village ou d’une ville, mais plus un “lieu-dit” ou un petit groupement de maisons situé au-dessus du village d’Oppenheim. Il s’agit d’un ancien alpage (en norvégien cela s’appelle une seter). La particularité de ce minuscule hameau entre Loen et Stryn c’est qu’il offre un panorama magnifique sur le Nordfjord avec au premier plan, de jolies petites maisons typiques avec leurs toits végétalisés.
Le petit alpage se trouve à une altitude de 540 mètres, soit environ 250 mètres au-dessus du parking aménagé dans les hauts de Oppenheim.
Départ au-dessus de Oppenheim

Arrivés en tout début de matinée, nous étions l’une des premières voiture sur le grand parking (payant) qui se trouve au départ de la balade. Ne sachant pas à quel point l’endroit était populaire, nous avons préféré venir relativement tôt (nous y étions vers 8h30). La route pour y arriver est relativement étroite mais on sent qu’il y a du passage… Le parking officiel se trouve au bout de la route, mais quelques centaine de mètres avant il y a plusieurs autres parking privés (également payants) qui ont été aménagés.
Au départ du parking il n’y a pas trop d’hésitation à avoir, le chemin est parfaitement balisé et indiqué. En fait, il semblerait que le sentier ait été entièrement refait en 2025 et au lieu d’un chemin en terre avec des racines et des cailloux comme c’était le cas avant, nous avons face à nous une immense allée en gravier qui grimper en direction de Rakssetra.
La montée à Rakssetra
Au départ du parking, on commence par grimper sur cette allée en gravier et couper 3 fois les lacets de la route goudronnée qui monte au sommet du Hoven. Ensuite, on arrive dans une partie dans la forêt où, je l’avoue, nous avons un peu rigolé avec Benoit en constatant qu’une fois de plus, les norvégiens n’aiment visiblement pas du tout les détours. En Suisse, en France ou plus généralement dans les Alpes un sentier de randonnée aurait tendance à faire des “lacets” afin de monter de manière régulière et relativement douce. En Norvège? Oh bah, quid à grimper, autant le faire direct non? Le chemin monte sans détour et atteint par moment une pente à 35%. Nul besoin d’être un crac en géométrie pour savoir que c’est vraiment raide. 🙂 Et désolé, mais en photo cela ne rend pas vraiment grâce au terrain, donc vous allez devoir me croire sur parole.



Après on se rassure tout de suite, c’est raide, mais du coup c’est vraiment très court aussi! Environ 800 m après le départ du parking, on arrive déjà sur une section du parcours qui est aménagée avec des passerelles en bois. L’endroit semble plus marécageux et cette solution a donc été adoptée afin de garantir aux marcheurs de garder les pieds au sec. Soyons honnête, après nos précédentes expériences de sentiers norvégiens, je suis relativement contente de voir ces infrastructures. 😉
A la fin des passerelle on arrive sur la dernière section du parcours (longue d’environ 300 m) où l’allée en gravier et la passerelle laisse la place à un sentier plus “conventionnel”. Comprenez par là, qu’on est sur de la terre avec des cailloux et des racines, mais grâce au passage assez marqués de randonneurs, le terrain est bien tassé et les pierres ont été taillées de manière à faciliter la progression.
A peine 1km après le parking on arrive à Rakssetra et la récompense est vraiment là.

Les petites maisons de Rakssetra
Les maintenant célèbres petites maisons de Rakssetra n’ont pas été posées ici pour le plaisir des visiteurs, mais elles datent de l’époque où les agriculteurs de la région y venaient durant les mois d’été pour y faire paître leurs vaches. Le principe des alpages est quelques chose que nous connaissons très bien car là où nous vivons, cette pratique est encore très largement utilisée. En Norvège, les choses sont un tantinet différente. Il existe bien évidemment encore quelques alpages qui subsistent, mais la vaste majorité a été abandonnée au profit d’exploitation plus moderne à basse altitude. Car oui, monter à pied et passer 2 à 3 mois par an dans les montagnes avec ses vaches n’est pas forcément la pratique la plus “rentable” mais plus une forme de tradition ancestrale.
Ces habitations simples sans eau courante ni électricité servaient donc, à l’époque, de résidence aux paysans de montagne durant les mois d’été. Aujourd’hui, ces maisons sont toujours la propriété de privés, mais elles sont utilisées comme des résidences de vacances.


J’aurais du mal à vous dire si les propriétaire y montent encore réellement. Mais à titre personnel, je pense que si mon petit havre de paix niché sur une montagne était devenu un spot instagram, je crois bien que mon envie d’aller m’y ressourcer se serait probablement tarie. 😉
Si les vaches ne sont plus les habitantes du hameau, les moutons sont toutefois encore largement présent. Leur appétit sans limite pour l’herbe fraîche permet de maintenir le paysage et d’entretenir la biodiversité.


Clairement, ces moutons ont largement l’habitude d’être dérangé durant leur repas et la présence humaine ne semble pas particulièrement les perturber. Après, si comme nous vous randonnez avec un chien, il est vraiment important de le garder en laisse afin de leur garantir de ne pas être dérangé. Notre chien, Winchy, semble avoir une peur bleue des moutons, donc nous n’étions pas particulièrement inquiets pour la sécurité de ces derniers (en vrai nous étions plutôt attentif à ce que un mouton ne charge pas le chien). 😉 Bien évidemment, il était en laisse sur l’ensemble du parcours.
Retour au parking de Oppenheim : les options

Vous le verrez sur la carte disponible ci-dessous, mais il y a plein d’options pour revenir au parking mais aussi pour prolonger un peu la balade.
- Revenir sur vos pas. L’option la plus rapide et aussi celle que nous avons choisie. Nous avions encore d’autres projets pour la journée et avons donc décidé de revenir à la voiture et de poursuivre notre route.
- Suivre la route goudronnée. Cette option je vous la mets, surtout si vous avez “de mauvais genoux”. En redescendant nous avons croisé plusieurs personnes qui montaient et on s’est fait la remarques que pour certains la descente allait probablement être plus compliquée que la montée. Le sentier en gravier est vraiment bien fait, mais on ne va pas se mentir, il est TRES raide par endroit. Pour descendre il vaut mieux être à l’aise avec l’idée de “laisser aller” et de faire des petits pas en gardant bien son poids sur l’avant. Depuis les petites maisons il est possible de rejoindre la route goudronnée et de suivre cette dernière jusqu’en bas. Bien évidemment, cette option est pas mal plus longue (3.3 km au lieu de 1.1 km) mais cela aussi beaucoup plus doux.
- Monter en au Hoven en passant par le point de vue de Skredfjellet. Nous avons clairement considéré cette option mais au final nous avons préféré opter pour une autre randonnée plus loin sur notre route (Urkegga, dont on vous reparlera tout bientôt!). Cet itinéraire populaire semble très beau. Il rajoute environ 9 km à la randonnée et 600 m de dénivelé si vous le faites en aller-retour. Après, il est important de noter que le sommet du Hoven est également le point d’arrivée du Loen Skylift, un gros télécabine qui part de Loen. Pour nous qui aimons randonner “tranquille” on a généralement tendance à favoriser les itinéraires où l’objectif de la balade n’est pas une arrivée de télécabine… 😉 Mais après, l’endroit a vraiment l’air très beau et il est fort à parier le sentier pour y aller serait relativement tranquille.

Bref, vous retrouverez tous ces itinéraires sur la carte juste en dessous.
Informations pratiques pour la balade
Le parking
Un grand parking est à disposition au dessus du village d’Oppenheim. Il n’y a pas de limite de hauteur même si on admettra que la route d’accès n’est pas bien large. Après, cela reste largement faisable avec un van ou un fourgon. Pour les campings-car, je pense que cela dépend de la taille de véhicule dont on parle… mais si vous ne conduisez pas un monstre des routes de 10m alors ca devrait le faire.
Le prix du parking était de 90 NOK pour la journée fin mai 2026. Je préfère préciser la période car visiblement ce parking semble connaître une forte inflation… on lisait sur internet qu’il coutait 50 NOK en 2022, 70 NOK en 2024, 85 NOK en 2025 et maintenant 90 NOK.
Les parkings payants en Norvège
Une petite parenthèse dans l’article pour expliquer un peu le fonctionnement et la “logique” des parkings payants. Bien évidemment, ce n’est pas une information officielle, mais bien un avis subjectif qui fait suite à nos 2 mois de voyage.
En Norvège, les parkings payants sont monnaie courante dans les endroits touristiques et c’était donc “logique” que celui-ci le soit aussi. Je l’avoue, au début cela nous agaçait un peu d’avoir toujours cette impression de devoir payer “pour rien” mais en réalité ce n’est pas exactement le cas… En fait, au fil de nos randonnées, nous avons rapidement vu que dans les endroits moins touristiques les parking sont certes gratuits, mais les sentiers sont aussi “laissés tels quels”. A titre personnel, nous préférons cette option, mais en Norvège il est tout de même important de noter que la nature du terrain fait que cela rend les balades quand même moins accessibles. Sentiers “non aménagé” rime en général avec un terrain très accidenté, beaucoup de cailloux et racines mais surtout énormément de passages (très) boueux. Clairement, nous nous y sommes habitués, mais nous avouerons aussi volontiers que de temps en temps, marcher sur un chemin bien entretenu et en gardant les pieds au sec peut valoir les quelques euros demandés pour le stationnement et l’entretien.
Distance, dénivelé et difficulté

La balade est vraiment courte et ne présente pas de difficulté. En tout, l’aller-retour à Rakssetra représente 2.2 km avec 250 m de dénivelé. Je pense sincèrement que c’est l’une des randonnées les plus faciles et accessibles que nous ayons faites en Norvège. Quand on lit les avis sur internet, on se rend rapidement compte que le temps de marche varie énormément en fonction des habitudes de randonnée de chacun. Les estimations vont de 20 minutes de montée à près d’1h30. J’avoue cette variation me parait énorme pour une si petite distance, mais je pense que cela montre simplement que cet itinéraire est pratiqué tant par des gens qui ont l’habitude de randonner en montagne que par des personnes pour qui ce n’est pas dans leur habitude. En prenant son temps, c’est vraiment accessible!
Pour vous donner une idée, de notre côté nous avons mis environ 35 minutes à monter et 25 minutes à redescendre (et nous avons passé environ 1h en haut le temps de faire des photos et de profiter de la vue)
Concernant l’affluence, un sujet qui nous inquiétait un peu, nous aurons du mal à vous dire comment est la situation en juillet-août (période la plus touristique). Venus fin mai, nous sommes partis vers 8h30 (retour à la voiture vers 10h30) et nous étions seuls pendant l’ensemble de la montée ainsi que pendant l’heure que nous avons passée au sommet. En descendant, nous avons croisé une quinzaine de personnes qui montaient. Donc oui, venir de bonne heure est préférable même hors saison. Mais je pense que ce conseil est d’autant plus valable durant les périodes de forte affluence.
Carte de la randonnée à Rakssetra
Voici la carte de la randonnée. J’ai décidé de mettre plusieurs itinéraires sur la carte afin que vous puissiez choisir un parcours en fonction de vos envies et de votre motivation.
- en vert clair : le sentier “officiel” que nous avons suivi. 2.3 km aller retour et 250 m de dénivelé.
- en bleu clair : l’alternative qui suit la route goudronnée. Le dénivelé reste identique mais la distance passe à 3.3 km l’aller simple (6.6 km l’aller retour). Un peu moins “intéressante” si on considère qu’on marche sur du bitume, cette alternative est bonne si vous voulez éviter une pente trop raide.
- en violet : une boucle panoramique qui vous fera passer par le sommet du Hoven. Cet itinéraire fait environ 11 km avec environ 900 m de dénivelé. Une bonne option si vous avec envie de faire une randonnée à la journée.
Que voir autour de Rakssetra et de Stryn / Loen ?
Stryn et Loen sont souvent cités sur internet comme étant des incontournables à voir en Norvège et je ne vais peut-être pas me faire des amis en disant cela, mais on s’est un peu demandé d’où venait cette réputation… Enfin non, la région est superbe et pour cette raison je comprends qu’on ait envie de se baser dans ces petites villes pour explorer, mais si vous êtes en train de planifier un voyage je pense qu’il est inutile de prévoir des temps de visite “dédié” aux villages. C’est bien évidemment ici qu’on trouvera le plus d’hôtels et “géographiquement” ce sont donc d’excellentes bases pour explorer cette partie du Nordfjord. Mais pour le charme du village on repassera.

Petite mention tout de même pour l’excellente boulangerie “Minibakeriet Stryn” qui se trouve le long de la route principale. Nous y avons acheté d’excellentes pâtisserie et probablement le meilleur pain de seigle de notre voyage. Pour info : voici la localisation de la boulangerie.
Voilà, c’est tout pour aujourd’hui. On espère que l’article vous a plu. Comme on l’a mentionné au début de l’article, cette petite balade est loin d’être un itinéraire “secret” ou hors des sentiers battus. Selon la saison, il pourrait y avoir un peu de monde… Néanmoins, on trouve que l’endroit vaut vraiment la peine si la météo est dégagée! Et si vous recherchez des itinéraires moins connus, alors on vous invite à aller faire un tour sur notre page dédiée à la Norvège. Durant notre voyage nous avons fait plus de 40 randonnées dans le sud du pays et hormis 2-3 classiques, la majorités des itinéraires seront clairement loin des foules. 😉
Epingler cet article











Pimente la discussion